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Mourir en manifestant

Sous la dir. de Charles Heimberg, Stefanie Prezioso, Marianne Enckell

Lausanne, Ed. d'en bas ; AEHMO, 2008, 224 p .

Présentation

Cet ouvrage résulte d’un séminaire international tenu à l’occasion du 75 ème anniversaire de la fusillade de Genève du 9 novembre 1932. Organisé par notre association avec le concours du Collège du Travail, du Théâtre St-Gervais et le soutien de l’État de Genève, il a visé à réaffirmer les faits historiques et surtout à les inscrire dans une perspective plus large. Les contributions de Marc Vuilleumier et de Bernard Degen montrent combien les autorité suisses ont systématiquement recouru à l’armée pour réprimer les manifestations sociales. Celles de Jean-François Fayet, Michel Caillat, André Rauber, Dominique Wisler et Marco Tackenberg rappellent les circonstances de 1932 et énoncent de nouveaux points de vue sur la falsification aussitôt élaborée par le gouvernement genevois, la presse et la justice. Plus personne aujourd’hui ne croit à l’hypothèse d’un complot communiste manigancé à Moscou. Encore faudrait-il que chacun puisse le dire comme le suggère Charles Heimberg dans son introduction.

Vitrine cassée 1932
Vitrine cassée 1932

François Godicheau pour l’Espagne et Paul Pasteur pour l’Autriche analysent des événements semblables à ceux qui se sont déroulés à Genève, alors que Luc van Dongen et Marco Scavino confirment qu’après la Deuxième Guerre mondiale les États dits démocratiques, comme la France ou l’Italie, recourent toujours pour contrer des manifestations sociales à des infiltrations et des provocations policières. Stéfanie Prezioso propose une postface où, si elle ne conclut pas que manifester c’est nécessairement mourir, elle requiert que l’histoire et la mémoire plaident pour que la démocratie soit autre chose que son masque néolibéral.

Le livre compte également un hommage à l’historien Philippe Schwed, trop tôt disparu, auquel est dédié le colloque, de même que deux allocutions des conseillers d’Etat Charles Beer et Laurent Moutinot. Le premier avait fait part des sentiments du gouvernement le 9 novembre 2006, le second avait, une année plus tard, prononcé quelques mots à l’issue de nos travaux historiques.

Sommaire

Sommaire

  • Charles Heimberg, Histoire et mémoire de la fusillade de Genève (p.7-17)
  • Hommage à l’historien et enseignant Philippe Schwed (p.19-20)
  • Répressions sociales en Suisse
  • Marc Vuilleumier, La répression sociale en Suisse au XIXe siècle (p.23-41)
  • Bernard Degen, La répression militaire des grèves générales de 1918 et 1919 ( p.43-57)
  • La manifestation du 9 novembre 1932
  • Jean-François Fayet et Michel Caillat, La cristallisation du mythe du complot communiste (p.61-85)
  • André Rauber, La faute à Léon Nicole ? (p.87-98)
  • Dominique Wisler et Marco Tackenberg, Les causes du mitraillage du 9 novembre 1932 (p.99-116)
  • Répressions meurtrières des années trente
  • François Godicheau, Quand la répression tuait la démocratie. La Seconde République et l’ordre public (p.119-137)
  • Paul Pasteur, La lente agonie de la démocratie en Autriche du 15 juillet 1927 au 12 février 1934 (p.139-155)
  • Répressions d’après-guerre
  • Luc van Dongen, «De toute façon la gauche était contrôlée» : agents provocateurs, infiltrations et subversion de droite à l’intérieur des mouvements sociaux (p.159-183)
  • Marco Scavino, De Paris à Gênes. La répressions des manifestations dans l’après-guerre français et italien (p.185-208)
  • Intervention du Conseiller d’Etat Laurent Moutinot (p.209-211)
  • Stéfanie Prezioso, Postface (p.213-217)
  • Annexes
  • Discours du Conseiller d’Etat Charles Beer, 9 novembre 2006 (p.222-223)
  • Les 13 victimes de la fusillade du 9 novembre 1932 (p.223)
  • Auteurs (P.224)